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Réalisation d'un projet d'ethnobotanique (études des plantes médicinales), dans le district de Fénérive-Est (sur la côte Est de Mada) avec 3 filles de l'association Avertem! De Juillet à Septembre 2009. ** Retour sur la Grande Ile, pour un terrain de Master 2, dans un pays en pleine crise politique! De Février à Avril 2009.

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Comme le calme est maintenant revenu – pour un temps seulement peut être ?– j’ai eu tout le loisir d’aller au centre NRJ donner mon premier cours de français. C’est beaucoup plus agréable que l’année dernière, nous avons une « tente de classe » pour travailler, des vrais pupitres d’écoles et un vrai tableau noir, le tout donné par l'Unicef!

 


 Roger sous la "tente salle de classe"



Je leur ai fait lire un conte africain, trouvé sur internet, que voici :

 

L’histoire des 3 sourds

 

C’est l’histoire d’une femme. Elle était sourde, tellement sourde qu’elle n’entendait rien. Tous les matins elle portait son enfant sur son dos et elle se rendait à son champ. Elle avait un immense champ d’arachides. Et un matin qu’elle était là, tranquillement à travailler dans son champ, arrive un monsieur. Un monsieur tellement sourd qu’il n’entendait rien. Et ce monsieur cherchait ses moutons. Ecoutez-bien ! Il s’adressa à la dame :
« Madame, je cherche mes moutons, leurs traces m’ont conduit jusqu’à votre champ. Est-ce que vous ne pourriez pas m’aider à les retrouver ? D’ailleurs, on les reconnaît bien mes moutons, parmi eux, il y a un mouton blessé. Madame si vous m’aidez à retrouver mes moutons, je vous donnerai ce mouton blessé vous pourrez toujours vous en servir. »

 

"Mon champ s’arrête la bas !"

Mais elle, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur lui demandait juste jusqu’où son champ s’arrêtait. Elle se retourna pour lui dire :
« Mon champ s’arrête là-bas. » Le monsieur a suivi la direction indiquée par la dame et par un curieux hasard il trouva ses moutons en train de brouter tranquillement derrière un buisson. Tout content il les rassembla et est venu remettre à la dame le mouton blessé. Mais celle-ci, n’ayant rien entendu, rien compris, elle a pensé que ce monsieur l’accusait d’avoir blessé son mouton. Alors elle s’est fâchée :
« Monsieur, je n’ai pas blessé votre mouton. Allez accuser qui vous voulez mais pas moi. D’ailleurs des moutons, je n’en ai jamais vus. » Le monsieur quand il a vu que la femme se fâchait, il a pensé que cette femme ne voulait pas de ce mouton mais qu’elle voulait d’un mouton plus gros. Et à son tour, il se fâcha :
« Madame, c’est ce mouton que je vous ai promis. Il n’est pas du tout question que je vous donne le plus gros de mes moutons. » Tous les deux ils se fâchèrent, ils se fâchèrent à un tel point qu’ils finirent par arriver au tribunal. Et le tribunal dans cette Afrique d’il y a longtemps, cela se passait sur la place du village, à l’ombre d’un grand arbre, l’arbre à palabres le plus souvent un baobab. Et le juge, lui qui était en même temps le chef du village il était là entouré de tout ces gens qu’on appelle les notables. La dame et le monsieur sont arrivés tout en continuant leur querelle. Et après les salutations c’est elle qui parla la première:
« Ce monsieur m’a trouvé dans mon champ, il m’a demandé jusqu’où mon champ s’arrêtait. Je lui ai montré et j’ai repris mon travail. Ce monsieur est parti et quelques instants après il est revenu avec un mouton blessé m’accusant de l’avoir blessé. Or moi je jure que des moutons j’en ai jamais vus. Voilà pourquoi on est ici monsieur le juge. » C’était au tour du monsieur :
« Je cherchais mes moutons, dit-il, et leurs traces m’ont conduit jusqu’au champ de cette dame. A cette dame j’ai dit que si elle m’aidait à retrouver mes moutons je lui donnerais un d’entre eux mais j’ai bien précisé le mouton blessé. Elle m’a montré mes moutons, c’est ce mouton blessé que je lui ai donné. Elle veut un mouton plus gros. Pensez-vous que je vais lui donner le plus gros de mes moutons à deux pas de la fête des moutons ? » Le juge se leva. Il était aussi sourd qu’un pot. Et quand il a vu l’enfant sur le dos de sa mère il a pensé qu’il ne s’agissait là que d’une petite querelle de ménage. Alors il s’adressa au monsieur :
« Monsieur. Cet enfant est votre enfant. Regardez d’ailleurs comment il vous ressemble. A ce qu’il me semble vous êtes un mauvais mari. Et vous madame, des petits problèmes comme cela. Ce n’est pas la peine de venir jusqu’ici étaler ça devant tout le monde. Rentrez chez vous ! Je souhaite que vous vous réconciliez. » Ayant entendu ce jugement, tout le monde éclata de rire. Et le rire contamine le juge, la dame et le monsieur. Que firent-ils ? Ils éclatèrent de rire bien que n’ayant rien compris. Et c’est à partir de là que le conte pose sa question : Le conte voudrait savoir, lequel de ces trois est le plus sourd ?

 

La Leçon :

Il vaut mieux ne pas se dépêcher de donner une réponse. On conseille quelque part en Afrique, d’avoir le cou aussi long que celui du chameau, afin que la parole avant de jaillir puisse prendre tout son temps.


**

Nous avons vu l'expression "un dialogue de sourd" qui semble parfaitement être applicable à ce qui s'est passé en politique à Mada ces 2 derniers mois.


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G
En fait, je n'ai donné que mes impressions sur ce que m'a inspiré ce conte. La question : "Qui est le plus sourd des trois ?" n'appelle qu'une réponse : aucun, ils sont sourds tous les trois, donc à égalité.
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G
Deux sourds qui communiquent par la parole n’ont aucun espoir de se comprendre. Ce sont les acteurs de ce conte. Leur différend, découlant de cette incompréhension, les mène devant un juge sourd, donc dans l’incapacité de comprendre leur langage, qui fait croire que l’enfant est né du couple, pouvoir menteur et sourd qui ne connaît que l’usage de la parole pour endormir et posséder les foules. Autour de cette scène ubuesque, le peuple écoute et s’amuse de cette situation banale, parce que son ignorance entretenue par le pouvoir, lui empêche toute réflexion.<br /> <br /> Le pire des sourds est celui qui ne veut pas entendre.
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