Comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous sommes parties de la forêt de Tampolo, voici
maintenant une grosse semaine.
La veille de mon départ, nous avons fait un super repas avec toute l'équipe du
campement.
Au programme : brochettes de zébu et salade de riz + concombre + thon + tomates, bière chaude et DJ
Mamy nous a fait profiter de ses musiques, et de son karaoké avec ses minis hauts-parleurs.
Tout a été fait pour que nous passions une super soirée dans la forêt, comme nous en avions rarement
connu!
Nous n'avons pas oublié de faire un petit hommage aux 2Be3 en se trémoussant sur Partir un jour,
chanson qui était parfaitement de circonstance (à savoir : un des 2Be3 était mort le jour même et nous partions le lendemain).
Tout est bien préparé
Les filles disposent les
brochettes de zébu
Wah, on a le droit de faire
brûler du bois, même au sein de l'aire protégée
Vahinala veille un peu avec les
grands
Cooking on
fatapera
Manue, Anissa, Carole et Famela, la fille
de Viviane
Le mode de transport que nous avons majoritairement utilisé pendant ce séjour sur la côte Est a été,
bien sûr, le taxi-brousse!
Nous avons connu des grands ou des petits camions, des camionnettes, des fourgonnettes, des taxi-brousses standards en plus ou moins bon état, et des voitures-break transformées pour accueillir
le nombre maximum de passager.
Nous avons eu des frayeurs, nous avons eu des fous-rires.
On nous a transporté avec toutes sortes de marchandises, des poules, des thons (morts), des sacs de riz, des barils d'essence, des bidons d'alcool, des sacs de manioc, du falafa séché, des
bouteilles de gaz...
La sécurité n'était pas toujours au rendez-vous, mais nous sommes toujours arrivées à bon port!
Et puis Madagascar sans taxi-brousses tous pourris ne serait plus Madagascar.
Attente quotidienne d'un véhicule sur la route principale à la sortie de la forêt
Intérieur d'une camionnette. Ils transportent des bidons de Betsabetsa, un alcool local, qu'ils vont vendre en
ville.
Et la camionnette en remorque une autre. Ils ne devaient pas avoir de corde et ont utilisé un... bout de bois. Pas pratique
quand il s'agit de freiner. Le mec au volant de la camionnette en panne était plutôt doué pour anticiper les trous, les piétons, les virages et les arrêts!
En route pour Foulpointe sur les sacs de
riz
Devant. Les sièges étaient
entièrement ammovibles. Même quand le véhicule roulait.
Derrière. Le coffre se disloquait du toit en roulant...
Voiture break. Vue de devant.
Nous sommes 12 dans une voiture. Il
y en a même un sur le toit avec toutes les marchandises. (Il est descendu au contrôle de police pour remonter quelques dizaines de mètres plus loin, sous les fous rires des passagers).
Taxi brousse de luxe pour
aller à Tamatave. Chacun a une place!
Idem. Même pas trop serrées!
Super
chargé!
La batterie et l'alimentation en essence se trouve juste derrière le conducteur!
Et les filles sont debout. On était une vingtaine dans celui-ci.
Un des derniers que nous ayons pris.
Vue sympathique.
En tout cas, on ne peut pas dire que nos trajets étaient monotones. Qui pourrait parler de routine
ici?
Que faire un dimanche dans une forêt, sans électricité, sans eau (c’est rare mais ça peut arriver),
sans nourriture et sans transport ?
C’est la question que nous nous posons maintenant depuis plus de 2 mois.
Mais ce n’est pas aussi grave que ça y parait.
Pour mon dernier dimanche dans la forêt (et oui je pars tout bientôt, et les filles restent un peu
plus longtemps), nous avons fait une petite balade sur les collines environnantes.
Au détour d’une petite montagne, nous découvrons des petits villages d’une dizaine de maisons, dans un
creux, au milieu des rizières en étage.
Pas un seul poteau électrique à l’horizon, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres à la ronde
(c’est vrai que dans le coin, ce genre de construction est plutôt rare).
De la verdure à perte de vue, des collines, des petits feux par ci par là laissaient deviner la
présence de vie humaine dans des coins totalement reculés.
Chemin et passage de pont
Les rizières au détour d'une colline
Les filles tout en haut (ouais on voit rien, qualité de photo pourrie)
Petit village engoncé dans les collines
Carole reste classe, même en pleine forêt
Petite sieste au calme
Afin d’occuper la longue après-midi que nous avions devant nous, j’ai entrepris de préparer mon retour
vestimentaire à la civilisation française. Dans le but d’être potable et de ne plus ressembler à la femme de la froêt, (à qui je serais tentée de ressembler de temps en temps), j’ai lavé mon jean
(celui qui, soit dit en passant, se désintègre).
Après avoir puisée l’eau à la pompe au bout du campement (faut être vachement costaud, on dirait pas),
j’ai été entourée, plus qu’encouragée, par des dizaines de gamins sortis de la forêt et qui n’avaient certainement rien d'autre à faire de mieux de leur journée.
Carole a mis l’ambiance en interprétant devant cette foule en délire, des tubes des années 70 et
surtout du Joe Dassin (bizarrement, la chanson « Si tu t’appelles Mélancolie » est devenue notre hymne du séjour… Allez savoir pourquoi…).
Je remplirai donc les critères français d’acceptation vestimentaire à mon retour à Paris (ou du moins
j’aurais fait de mon mieux).
Il n’y a plus qu’à espérer que ce jean arrive à sécher dans la moiteur et l’humidité ambiante de la
forêt.
Jeudi dernier nous avons commencé nos Présentations-Retour dans les villages, pour faire le bilan de
nos recherches et des activités à venir.
(Pour ceux qui ne le sauraient pas, le projet va durer plusieurs années, et il est fort probable que je revienne, au même endroit, en Juillet prochain).
Avant notre passage en public, nous avons pu assister à un spectacle de marionnettes, mis en place par
une ONG locale afin de sensibiliser les villageois à l’hygiène et de base et ainsi limiter les maladies liées à la saleté, (pour faire court).
Ils étaient super équipés : groupe électrogène, micros, sono, tenture…
Et puis ce fut notre tour, postées au milieu du champ, à s’égosiller, avec les panneaux tenus à bout
de bras…
C’était sans compter que nous nous sommes pris une rincée mémorable.
Nous avons donc attendu que l’averse passe, accroupie sous des parapluies gracieusement prêtés par
l’assemblée, seules, et toujours en plein milieu du champ.
Démonstration de travail du fer par le forgeron du village
Tresses toutes fraiches
Spectacle de marionnettes
Affichage débrouille
Les villageois
Carole montrant les photos imprimées pour l'occasion
:
Réalisation d'un projet d'ethnobotanique (études des plantes médicinales), dans le district de Fénérive-Est (sur la côte Est de Mada) avec 3 filles de l'association Avertem! De Juillet à Septembre 2009.
**
Retour sur la Grande Ile, pour un terrain de Master 2, dans un pays en pleine crise politique! De Février à Avril 2009.