Que faire un dimanche dans une forêt, sans électricité, sans eau (c’est rare mais ça peut arriver),
sans nourriture et sans transport ?
C’est la question que nous nous posons maintenant depuis plus de 2 mois.
Mais ce n’est pas aussi grave que ça y parait.
Pour mon dernier dimanche dans la forêt (et oui je pars tout bientôt, et les filles restent un peu
plus longtemps), nous avons fait une petite balade sur les collines environnantes.
Au détour d’une petite montagne, nous découvrons des petits villages d’une dizaine de maisons, dans un
creux, au milieu des rizières en étage.
Pas un seul poteau électrique à l’horizon, sur des dizaines et des dizaines de kilomètres à la ronde
(c’est vrai que dans le coin, ce genre de construction est plutôt rare).
De la verdure à perte de vue, des collines, des petits feux par ci par là laissaient deviner la
présence de vie humaine dans des coins totalement reculés.
Chemin et passage de pont
Les rizières au détour d'une colline
Les filles tout en haut (ouais on voit rien, qualité de photo pourrie)
Petit village engoncé dans les collines
Carole reste classe, même en pleine forêt
Petite sieste au calme
Afin d’occuper la longue après-midi que nous avions devant nous, j’ai entrepris de préparer mon retour
vestimentaire à la civilisation française. Dans le but d’être potable et de ne plus ressembler à la femme de la froêt, (à qui je serais tentée de ressembler de temps en temps), j’ai lavé mon jean
(celui qui, soit dit en passant, se désintègre).
Après avoir puisée l’eau à la pompe au bout du campement (faut être vachement costaud, on dirait pas),
j’ai été entourée, plus qu’encouragée, par des dizaines de gamins sortis de la forêt et qui n’avaient certainement rien d'autre à faire de mieux de leur journée.
Carole a mis l’ambiance en interprétant devant cette foule en délire, des tubes des années 70 et
surtout du Joe Dassin (bizarrement, la chanson « Si tu t’appelles Mélancolie » est devenue notre hymne du séjour… Allez savoir pourquoi…).
Je remplirai donc les critères français d’acceptation vestimentaire à mon retour à Paris (ou du moins
j’aurais fait de mon mieux).
Il n’y a plus qu’à espérer que ce jean arrive à sécher dans la moiteur et l’humidité ambiante de la
forêt.
Jeudi dernier nous avons commencé nos Présentations-Retour dans les villages, pour faire le bilan de
nos recherches et des activités à venir.
(Pour ceux qui ne le sauraient pas, le projet va durer plusieurs années, et il est fort probable que je revienne, au même endroit, en Juillet prochain).
Avant notre passage en public, nous avons pu assister à un spectacle de marionnettes, mis en place par
une ONG locale afin de sensibiliser les villageois à l’hygiène et de base et ainsi limiter les maladies liées à la saleté, (pour faire court).
Ils étaient super équipés : groupe électrogène, micros, sono, tenture…
Et puis ce fut notre tour, postées au milieu du champ, à s’égosiller, avec les panneaux tenus à bout
de bras…
C’était sans compter que nous nous sommes pris une rincée mémorable.
Nous avons donc attendu que l’averse passe, accroupie sous des parapluies gracieusement prêtés par
l’assemblée, seules, et toujours en plein milieu du champ.
Démonstration de travail du fer par le forgeron du village
Tresses toutes fraiches
Spectacle de marionnettes
Affichage débrouille
Les villageois
Carole montrant les photos imprimées pour l'occasion
La construction du séchoir de plantes médicinales (grande réalisation de cette mission 2009) se passe
plutôt bien. Je ne le verrai pas terminer, mais là n’est pas le plus important.
La semaine dernière, nous avons organisé, enfin plutôt l’entrepreneur, la cérémonie rituelle pour la
bénédiction avant de mettre en place le toit. La cérémonie consiste à appeler les ancêtres, à leur faire une offrande (du rhum) et à demander la bonne réalisation de la fin de la
construction.
Après que les gars soient allés verser des gouttes de rhum sur les fleurs posées sur la charpente (et
bu le reste qu’il y avait dans le verre), nous avons pris un pot sur un bar construit avec 3 bouts de bois et une énorme feuille de bananier en guise de nappe.
Ce fut la première fois de ma vie que je vis disparaître le contenu d’une bouteille de rhum à 40° en
si peu de temps et avec si peu de personnes présentes… On découvre des choses tous les jours ici !
La pluie est tombée (comme souvent ici), signe, nous a t’on dit, du bon accord des ancêtres. (Tant
mieux).
Toutefois, le toit n’est pas prêt d’être installé, car les taules ne sont pas arrivées et on parle de
rupture de stock jusqu'à quelques centaines de kilomètres à la ronde.
Mais nous sommes à Madagascar, et il ne faut pas désespérer. Non, jamais.
L'entrepreneur et un ouvrier sur le toit.
(On ne le voit pas d'ici, mais pour poser l'échafaudage, ils ont carrément percés les parpaings pour y
faire passer les bouts de bois... Y'a de quoi être inquiet quant à la solidité de ces murs percés...)
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Réalisation d'un projet d'ethnobotanique (études des plantes médicinales), dans le district de Fénérive-Est (sur la côte Est de Mada) avec 3 filles de l'association Avertem! De Juillet à Septembre 2009.
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Retour sur la Grande Ile, pour un terrain de Master 2, dans un pays en pleine crise politique! De Février à Avril 2009.